Dans un pays où la demande d’ultra-fast fashion portée par des plateformes comme Shein et Temu se normalise à toute vitesse, comment rendre la mode durable attractive et accessible ? À l’Alliance Française de Saint-Domingue, notre réponse a pris la forme d’un trimestre consacré à cette question. Organisé de janvier à mars 2026 dans le cadre de l’initiative Alliance Verte, ce cycle d’activités avait pour objectif de sensibiliser notre public aux impacts sociaux et environnementaux de l’industrie textile, tout en mettant en lumière le potentiel créatif de l’upcycling et les alternatives locales existantes en République dominicaine.
Une programmation entre création et sensibilisation
Le trimestre a débuté avec une rencontre éducative organisée en collaboration avec la Fondation Katherine Batista et la marque écoresponsable ModEco, ce qui a permis d’ouvrir un espace de discussion et de lancer un appel aux donations de vêtements usagés. Les pièces en excellent état ont été redistribuées dans des communautés vulnérables, leur donnant ainsi une seconde vie. Quant aux vêtements abîmés, ils ont été découpés et transformés en fil de crochet lors d’ateliers d’upcycling à l’Alliance. Nos étudiants ont crocheté des fleurs qu’ils ont ensuite assemblées pour créer la pièce phare du défilé final.
Le défilé : quand le recyclage devient désirable
Le point culminant du trimestre a eu lieu le 15 mars avec une journée réunissant marché artisanal responsable et défilé. Bijoux fabriqués à partir de résidus, vêtements de seconde main, collections en matières recyclées… L’événement a mis en lumière la créativité d’artistes et entrepreneurs locaux engagés dans une consommation plus responsable, et rappelé que ce qui constitue un déchet pour les uns, recèle un potentiel créatif pour les autres.
Sur la passerelle, nos étudiants ont prolongé ce message en présentant quatre collections capsules de créatrices écoresponsables dominicaines, ainsi que la collection développée à l’Alliance à partir des vêtements donnés en début de trimestre. Devant plus de 100 personnes, les silhouettes présentées ont changé le regard: loin de l’image austère ou peu désirable, la mode durable s’est imposée ce jour-là comme créative, esthétiquement riche et accessible à toutes et tous.
Entre les donations du début et le défilé final, il n’y avait que quelques semaines, des ciseaux, du fil de crochet et beaucoup d’idées. Le succès des ateliers et l’enthousiasme du public, surtout des jeunes, ont montré que la mode durable n’a pas besoin d’être moralisatrice pour susciter de l’intérêt : elle peut aussi être créative, collective et pleine de style.
Carlota Macedo Leão, service civique Alliance Verte

