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le 6 décembre pour le Festival de l’Imaginaire : Donghaean byeolsingut Rituel chamanique des villages de pêcheurs – Corée

Le donghaean byeolsingut est un rituel chamanique propre aux villages de pêcheurs de la côte est de la Corée du Sud, dans les provinces de Gyeongsang Nord et Sud. Inscrit dans un cycle saisonnier local et conservant une portée religieuse, le donghaean byeolsingut a un rôle propitiatoire : il vise à invoquer l’abondance de la pêche et la protection des pêcheurs.

Avec son rôle d’intercesseur entre le monde des esprits et celui des humains, la chamane mène le rituel par sa danse et son chant. La musique occupe une place centrale dans la réalisation de cette cérémonie qui se tient irrégulièrement, chaque année ou tous les trois à dix ans, en fonction du calendrier fixé par chaque village. La structure rythmique complexe de l’accompagnement instrumental constitue l’une des particularités de ce rituel (gut) qui comprend des offrandes aux dieux, aux esprits et aux ancêtres. Un ensemble percussif composé généralement d’un tambour en forme de sablier (janggu), d’un large gong (jing) et de cymbales (bara) enchaîne différents rythmes sur de longs cycles invitant à la démonstration de la virtuosité et à la créativité dans une improvisation collective libre.

Le byeolsingut débute par la purification de l’espace rituel et l’invocation des dieux. Le jeu rythmique du puneori marque alors l’entrée de la danse : il se compose de trois mouvements réalisés dans un cycle de huit, quatre et deux temps sur un tempo croissant. Le rite dédié à Golmaegi (golmaeggigut), figure fondatrice du village honorée comme une divinité locale par la communauté, constitue un temps fort de la performance où transparaît l’harmonie entre la chamane et le joueur de janggu. Relevant de la tradition confucéenne, celui-ci vise à honorer le rôle protecteur de cette divinité tutélaire. Les cycles rythmiques étendus de la séquence suivante (deureonggaengi) sont propices aux variations individuelles des musiciens, dans une superposition caractéristique de la polyrythmie.

Interprètes réputés, les quatre percussionnistes qui accompagnent la chamane, dont Jonghun Jo reconnu en Corée comme « Trésor national vivant », se sont spécialisés dans la réalisation des improvisations rythmiques élaborées du donghaean byeolsingut.

Ingrid Le Gargasson

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