Et si la meilleure façon de lire Edgar Morin était… en trois langues à la fois ? L’Alliance française de Monterrey lance son Café Littéraire Trilingue, un rendez-vous culturel aussi simple qu’ambitieux, à répliquer sans modération.
Un jeudi soir, à l’Alliance française de Monterrey.
On entre, on s’installe, on se sert un café ou un verre de vin. Des cookies circulent. Et puis quelqu’un lit — en français. Un autre reprend le même passage — en anglais. Un troisième enchaîne — en espagnol. Trois voix, un seul texte, une seule salle.
Bienvenue dans le Café Littéraire Trilingue de l’Alliance française de Monterrey.
Pourquoi trois langues ?
Parce que « je ne parle pas français » est souvent une barrière imaginaire autant que réelle. L’idée du Café Littéraire Trilingue n’est pas d’être parfait dans trois langues étrangères, mais de les faire cohabiter, se compléter. Le français ouvre, l’anglais invite, l’espagnol rassure. Et entre les trois, quelque chose se passe : la littérature circule.
Ce format s’inscrit directement dans la vocation plurilingue des Alliances françaises dans le monde : promouvoir non pas le français contre les autres langues, mais le français avec elles.
Edgar Morin pour inaugurer : un choix qui fait sens
Pour cette première session, l’Alliance française de Monterrey a choisi de rendre hommage à Edgar Morin, philosophe et sociologue français décédé il y a quelques semaines, à l’âge de 102 ans. Son œuvre monumentale La Méthode — qui explore la connaissance, l’identité humaine, la société et l’éthique en refusant les frontières entre disciplines — résonne étrangement bien avec l’esprit du Café Littéraire.
Un modèle qui voyage déjà
Cette initiative n’est pas née de nulle part. L’Alliance française d’Armenia, en Colombie, pratique ce format depuis des années, en collaboration avec d’autres centres binationaux de langues étrangères de la région. La formule fonctionne : elle crée du lien et attire des publics qui ne franchiraient pas forcément la porte d’un cours classique.
Monterrey s’en inspire aujourd’hui. D’autres antennes pourraient le faire demain, dans leur médiathèque, leur salle de cours, leur patio. Le dispositif est léger : des textes, des voix, et quelque chose à boire et à grinogter.
Et après Morin ?
Le Café Littéraire Trilingue se veut une série. Chaque session, un auteur. Chaque auteur, le francais présent avec ses copines les autres langues. Chaque langue, une porte d’entrée différente vers le même texte.
Jeudi soir, la médiathèque de l’AF Monterrey parlera trois langues. Peut-être même plus à l’avenir.

