﻿{"id":55618,"date":"2021-07-09T10:40:58","date_gmt":"2021-07-09T10:40:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.fondation-alliancefr.org\/?p=55618"},"modified":"2021-07-09T10:42:26","modified_gmt":"2021-07-09T10:42:26","slug":"bahrain-street-art-webinar-juin-2021","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.fondation-alliancefr.org\/?p=55618","title":{"rendered":"Bahrain &#8211; Street Art Webinar &#8211; juin 2021"},"content":{"rendered":"<h6 style=\"text-align: justify;\">D\u00e9j\u00e0 en 2014, Quentin de Pimodan et Melchior de Tinguy publiaient The Khaleeji Voice : Artisans of the Arabian Street, une s\u00e9rie d\u2019ouvrages remarquables abordant la pratique de la street culture dans les pays du Golfe. Chaque livre de l\u2019ensemble repr\u00e9sente un pays diff\u00e9rent : Bahrain, Kowe\u00eft, Oman, Qatar, Arabie saoudite, et les \u00c9mirats Arabes Unis. La musique, la danse, la photographie mais surtout le Street Art sont mis \u00e0 l\u2019honneur, pr\u00e9sent\u00e9s aux c\u00f4t\u00e9s de leurs artistes. Ces ouvrages t\u00e9moignent de l\u2019engouement qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es autour de ces pratiques artistiques urbaines dans la r\u00e9gion du Golfe. Quentin de Pimodan et Melchior de Tinguy d\u00e9montrent en effet que, malgr\u00e9 la distance g\u00e9ographique et les diff\u00e9rences culturelles, les jeunes g\u00e9n\u00e9rations sont mues par des codes communs et des passions semblables. La France ne fait pas exception : un ph\u00e9nom\u00e8ne similaire est apparu dans l\u2019Hexagone, o\u00f9 les festivals de Street Art fleurissent de plus en plus. C\u2019est sur cette r\u00e9flexion que l\u2019Alliance Fran\u00e7aise de Bahrain, en collaboration avec l\u2019Alliance Fran\u00e7aise d\u2019Arabie saoudite, celles des \u00c9mirats arabes unis (Duba\u00ef et Abu Dhabi) et l\u2019Institut fran\u00e7ais d\u2019Abu Dhabi, a organis\u00e9 une table ronde r\u00e9gionale ayant pour th\u00e9matique le Street Art. Celle-ci a eu lieu le 30 juin dernier, et a convi\u00e9 4 artistes pour une discussion autour de leurs pratiques artistiques respectives : DU$T, dAcRuZ, EL Seed et Big Hass.<\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #0000ff;\">Hassane Dennaoui, alias \u00ab\u00a0Big Hass\u00a0\u00bb<\/span><\/strong>, repr\u00e9sentait l\u2019Arabie saoudite, et a jou\u00e9 le r\u00f4le de mod\u00e9rateur de la table ronde. Cet artiste est l&rsquo;animateur de la premi\u00e8re et unique \u00e9mission de radio FM hip-hop en Arabie saoudite, \u00ab\u00a0Laish Hip-Hop ?\u00a0\u00bb. Il est \u00e9galement le fondateur de Re-Volt Blog et de Re-Volt Magazine. Il a r\u00e9cemment lanc\u00e9 son \u00e9mission \u00ab\u00a0Buckle Up\u00a0\u00bb sur YouTube, une s\u00e9rie d&rsquo;interviews qu&rsquo;il r\u00e9alise sur le vif. Il anime l&rsquo;\u00e9mission \u00ab\u00a0Yalla Home\u00a0\u00bb sur Pulse 95 fm, la premi\u00e8re station de radio anglaise de Sharjah. Il croit en la lib\u00e9ration de la musique et est fier de soutenir les artistes locaux et r\u00e9gionaux. Toujours fid\u00e8le \u00e0 la culture hip-hop, il a fond\u00e9 \u00ab\u00a0THE BEAT\u00a0\u00bb en 2013, une s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements visant \u00e0 soutenir les artistes locaux en les faisant jouer en direct. Il a interview\u00e9 des artistes comme LL Cool J, Russell Simmons, K&rsquo;naan, Pete Rock, Dj Premier, Dj Kool Herc, Omar Offendum, Narcy, Outlandish, et de nombreux talents locaux et r\u00e9gionaux. Big Hass s&rsquo;est r\u00e9cemment install\u00e9 \u00e0 Duba\u00ef pour am\u00e9liorer la vie de son enfant autiste, car la sensibilisation est bien meilleure aux \u00c9mirats arabes unis qu&rsquo;en Arabie saoudite. Il utilise sa plateforme et sa voix pour affirmer que l&rsquo;autisme n&rsquo;est pas une maladie mais un mode de vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>DU$T, alias dustydust<\/strong><\/span>, est l\u2019artiste qui repr\u00e9sentait Bahre\u00efn. Il \u00e9volue sur la sc\u00e8ne artistique depuis 15 ans. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de danse, de musique ou de peinture murale, il est tr\u00e8s respect\u00e9 dans le Golfe et sur la sc\u00e8ne hip hop mondiale. Il a en effet fond\u00e9 l&rsquo;\u00e9quipe Red Ants Army, un mouvement hip hop, inscrivant Bahre\u00efn dans le monde de la culture hip hop internationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><strong>EL Seed<\/strong><\/span>, artiste franco-tunisien, repr\u00e9sentait les Emirats Arabes Unis. Partag\u00e9 entre ses origines fran\u00e7aises et tunisiennes, il s\u2019est lanc\u00e9 dans une qu\u00eate sur ses racines, ce qui l\u2019a pouss\u00e9 \u00e0 apprendre \u00e0 lire et \u00e9crire l\u2019arabe classique. C\u2019est ainsi qu\u2019\u00e0 la recherche de son h\u00e9ritage culturel, il a d\u00e9velopp\u00e9 un style artistique de calligraphie, qui fera plus tard sa renomm\u00e9e mondiale. Pour lui, la calligraphie arabe est un lien entre les deux parts de son identit\u00e9, c\u2019est pourquoi il l\u2019utilise comme outil pour construire des ponts dans le monde entier. Il consacre beaucoup de temps \u00e0 trouver les citations les plus appropri\u00e9es pour unifier les communaut\u00e9s \u00e0 travers leurs points communs, et lutter contre les st\u00e9r\u00e9otypes. Il utilise ainsi la calligraphie arabe pour diffuser des messages de paix et d&rsquo;unit\u00e9, et revendiquer les valeurs qui lui tiennent \u00e0 coeur : l\u2019amour, le respect et la tol\u00e9rance. Son travail a ainsi \u00e9t\u00e9 d\u00e9voil\u00e9 dans de nombreux espaces publiques et expositions dans le monde. Parmi les plus notables, on retiendra L\u2019Institut du Monde Arabe \u00e0 Paris, les favelas de Rio de Janeiro, la zone cor\u00e9enne d\u00e9militaris\u00e9e entre la Cor\u00e9e du Nord et la Cor\u00e9e du Sud, mais aussi les bidonvilles de Cape Town ou encore au coeur du quartier des zabbalines, chiffonniers du Caire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, <strong><span style=\"color: #0000ff;\">dAcRuZ<\/span><\/strong>, jeune artiste autodidacte de la sc\u00e8ne parisienne, repr\u00e9sentait la France. Depuis la fin des ann\u00e9es 90, dAcRuZ a imprim\u00e9 sa marque toute personnelle dans le XIXe arrondissement de Paris. Il coordonne depuis des ann\u00e9es des fresques monumentales, supports au d\u00e9veloppement de sa propre oeuvre mais aussi lieu d\u2019\u00e9changes et de collaboration artistiques. Ses nombreux voyages en Am\u00e9rique du Sud, en particulier au Br\u00e9sil, en Afrique et plus r\u00e9cemment en Palestine sont une source de cr\u00e9ativit\u00e9 en perp\u00e9tuelle effervescence. La confrontation avec les cultures ancestrales (les masques des cultures pr\u00e9colombiennes l\u2019ont en particulier marqu\u00e9) ont forg\u00e9 chez lui un style primitif color\u00e9 et urbain propre \u00e0 la culture de la rue. Ses oeuvres et sa pratique sont aussi un \u00e9cho permanent aux probl\u00e8mes politico-sociaux actuels. L\u2019oeuvre de dAcRuZ est ainsi engag\u00e9e et il s\u2019implique dans la soci\u00e9t\u00e9 au travers de programmes avec les enfants. Ses derniers travaux incarnent son interrogation sur une mondialisation sans limites. En effet, il affirme que \u00ab\u00a0dans une \u00e9poque mondialis\u00e9e en perte de rep\u00e8res, la disparition des mythes collectifs laisse place \u00e0 des g\u00e9n\u00e9rations \u00ab\u00a0Web-T\u00e9l\u00e9-R\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb submerg\u00e9es d\u2019informations permanentes. L\u2019espace public n\u2019est r\u00e9serv\u00e9 qu\u2019\u00e0 la diffusion des messages \u00e0 caract\u00e8re publicitaire ou politique. La n\u00e9cessit\u00e9 pour moi d\u2019apposer ces \u00ab\u00a0visages-masques\u00a0\u00bb dans la rue est n\u00e9e de ce constat, il faut plus que jamais nous fabriquer une nouvelle iconographie commune, et quel meilleur endroit que ce mus\u00e9e \u00e0 ciel ouvert pour communier avec les gens ?\u00a0\u00bb. Cela repr\u00e9sente ainsi pour lui \u00ab\u00a0un syncr\u00e9tisme urbain contemporain qui replace l\u2019humain au centre de l\u2019Agora \u00bb, et un \u00ab appel \u00e0 ne jamais perdre de vue notre signal \u00e9thique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>La table ronde avait pour but de d\u00e9voiler la sc\u00e8ne artistique de l&rsquo;art urbain \u00e0 travers les yeux de ces artistes. Par cons\u00e9quent, chacun d\u2019entre eux a pr\u00e9sent\u00e9 leurs oeuvres respectives. Il ne s&rsquo;agissait pas d&rsquo;une documentation des oeuvres d&rsquo;art r\u00e9alis\u00e9es dans la r\u00e9gion, mais plut\u00f4t d\u2019une discussion autour de la relation d\u2019intimit\u00e9 qu\u2019ils entretiennent avec leur art, de la mani\u00e8re et de l&rsquo;environnement dans lequel ils \u00e9voluent, ainsi que des luttes auxquelles ils avaient \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s. L\u2019objectif \u00e9tait \u00e9galement d\u2019expliquer la repr\u00e9sentation dans le domaine de l&rsquo;art urbain des pays du Golfe. En effet, le mouvement du Street Art peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un art r\u00e9volutionnaire tant par les codes non acad\u00e9miques qu\u2019il v\u00e9hicule que dans les messages politiques qu\u2019il peut transmettre. Ainsi, l&rsquo;oeuvre elle-m\u00eame est importante mais le moment et le lieu o\u00f9 le message est d\u00e9livr\u00e9 sont \u00e9galement tr\u00e8s puissants et parfois m\u00eame subversifs. Plusieurs th\u00e9matiques ont \u00e9t\u00e9 abord\u00e9es : l&rsquo;art de la rue est-il un art \u00e9ph\u00e9m\u00e8re par d\u00e9finition ou devons-nous conserver cet art comme une partie de l&rsquo;histoire d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 ? Est-il pertinent que ces oeuvres de rue entrent dans une galerie d&rsquo;art ? Ainsi, si l\u2019on expose ces oeuvres dans des endroits plus acad\u00e9miques, perdent-elles de leur sens, de leur nature, de leur libert\u00e9, ou peut-on toujours les consid\u00e9rer comme faisant partie d\u2019un style urbain ? La dimension interculturelle de l\u2019\u00e9change a \u00e9galement permis une comparaison entre Europe et Golfe : l&rsquo;art de la rue est-il mieux accept\u00e9 en France que dans les pays de la p\u00e9ninsule arabique ? Enfin, choisir d&rsquo;\u00eatre un artiste de graffiti oblige-t-il \u00e0 mener les m\u00eames batailles que celles men\u00e9es il y a des d\u00e9cennies dans une soci\u00e9t\u00e9 diff\u00e9rente ?<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left;\">La rediffusion de l\u2019\u00e9v\u00e9nement est accessible ici : <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=3WLZ63He0K0&amp;t=3018s\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=3WLZ63He0K0&amp;t=3018s<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons h\u00e2te de r\u00e9it\u00e9rer ce type d\u2019\u00e9v\u00e9nement. Nous remercions nos partenaires La Place Centre Culturel Hip-Hop, l\u2019Alliance Fran\u00e7aise d\u2019Arabie saoudite, les Alliances Fran\u00e7aises des \u00c9mirats arabes unis (Duba\u00ef et Abu Dhabi) et l\u2019Institut fran\u00e7ais d\u2019Abu Dhabi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Jos\u00e9phine Ravix, Alliance Fran\u00e7aise de Bahrain<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9j\u00e0 en 2014, Quentin de Pimodan et Melchior de Tinguy publiaient The Khaleeji Voice : Artisans of the Arabian Street, une s\u00e9rie d\u2019ouvrages remarquables abordant la pratique de la street culture dans les pays du Golfe. 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