Fondation Alliance Française»La Fondation en action»Espace culturel»Alliances en résonance»Sept manières de dire merci. Interview de Masha S.

Alliances en résonance

Sept manières de dire merci. Interview de Masha S.

Aphrodite

Les Alliances françaises charmées par ces « sept mercis »

L’exposition « 7 manières de dire merci » (organisée pour les 125 ans de l’Alliance française, à Paris) a commencé son voyage à travers le monde et sa première étape l’a amenée à Bahrein, à l’Alliance française de Manama. L’une des artistes exposantes, Masha Schmidt s’y est rendue et représentait le collectif Artkara, regroupant 7 artistes aux carrières internationales qui ont choisi de s’installer en France pour y poursuivre leur travail (photographes, peintres, graveurs venus de Russie, de Taïwan, du Cameroun, de Bulgarie, de République tchèque) avec des techniques diverses mais entendent montrer « la richesse d’un dialogue interculturel ». Une expérience magique pour Masha Schmidt qui en parle avec émotion dans l’interview qu’elle a bien voulu nous donner.

Comment avez-vous connu l’Alliance française ?

Comme beaucoup d’étrangers qui arrivent en France… La langue étant indispensable, il fallait absolument « passer par l’Alliance… ! »

. Comment avez-vous intégré le collectif pour « 7 manières de dire merci » ?

Faisant partie du collectif artistique ArtKara , je participe activement aux projets du groupe. Vladimir Kara, l’initiateur du projet, m’a parlé de l’idée de « 7 manières de dire merci » et j’ai été immédiatement séduite. La gratitude pour moi est un sentiment noble, je pense que les artistes doivent être conscients de leurs étoiles. Chaque membre de groupe a eu , d’une manière ou d’une autre, un grand changement et dans sa vie et dans sa carrière en arrivant à Paris. Le « merci » de chacun est un signe de reconnaissance envers la France, la culture française et -bien sûr – le destin. Nous avons aussi pensé le « merci » avec un accent taïwanais sonnait différemment que celui avec un accent russe ou camerounais… autant de merci que des manières de le dire….

Après avoir été à Paris, pour les 125 ans de l’AFP, comment cette exposition a-t-elle été amenée à être présentée au Bahrein ?

L’exposition de Paris a reçu un accueil merveilleux. Nous étions soutenus par la Fondation Alliance française et les Alliances à l’étranger ont appris l’existence de l’exposition au travers de son site et ont réagi avec enthousiasme. L’intérêt pour le projet ainsi que pour son aspect « mobile » nous ont conduit sur les chemins internationaux. L’Alliance de Manama a été notre première destination.

Quelles sont les attentes du collectif en présentant une exposition itinérante ?

Notre collectif se réjouit de confronter le travail de tous et chacun à un public international. Je pense que c’est le propre de l’artiste. Nous avons besoin du retour de notre public. Cependant, la réaction des visiteurs africains, par exemple, peut être totalement opposée a celle de spectateurs asiatiques. Cela nous aide à avancer, nous stimule dans notre travail, nous donne de nouvelles idées. Les échanges prévus entre les artistes invités et le public est d’une énorme importance – ils nous aident à mieux comprendre à la fois le monde et notre propre travail. C’est également l’occasion de montrer nos oeuvres en dehors des sentiers battus du marché de l’art contemporain. Nous travaillons tous avec les galeries d’Art, les marchands, Les Salons et les Foires. Evidemment, il y a un véritable marché avec ses lois et ses contraintes. Le fait de sortir du « système » avec un projet fédérateur nous donne une grande liberté et permet au public très divers de connaître les artistes contemporains dans des conditions atypiques.

Comment avez-vous trouvé Manama et son Alliance française ?

Passionnant ! J’ai été heureuse de connaître le Bahrein, même si mon séjour ne m’a pas permis de vraiment découvrir le pays : j’ai été très occupée avec les accrochages de l’expo dans les deux lieux et les échanges avec les visiteurs… Sinon, l’Alliance de Manama est un lieu superbe et très accueillant (l’exposition à été inaugurée d’abord dans le centre Franco-Bairini « La Maison Jamsheer »- une maison historique en plein centre du souk de Mouhharaq, et par la suite, elle a été présentée à l’Alliance-même durant la journée « portes ouvertes » consacrée à la célébration de 40ème Anniversaire de l’Alliance de Manama. Les deux lieux sont très différents (l’un ancien et l’autre plutôt moderne) ,mais les deux avaient une belle énergie.

Comment avez-vous été reçue ? Qui a organisé votre séjour ? combien de temps êtes-vous restée ?

J’ai été reçue comme une princesse…. mais qui devait tout de même travailler ! Mon séjour a été organisé par le directeur de l’Alliance au Bahrein, Jean-Pierre Pourteau et par Laurence Lalatonne, chargée du culturel à la Fondation. Ils étaient très attentifs. Je suis restée quatre jours sur place et j’ai séjourné dans cette merveilleuse « Maison Jamsheer ».

Etait-ce votre première mission à l’étranger pour le collectif ?

Oui, absolument.

Qu’en avez-vous tiré à titre personnel ? à titre professionnel ?

A titre personnel j’ai pu découvrir une partie du monde jusqu’alors inconnue pour moi. C’est plus qu’un cadeau. J’ai écris, dessiné, discuté, regardé sans arrêt. C’était passionnant. Autrement, j’ai eu des échanges très importants avec le public et des professionnels du Bahreïn. L’intérêt pour l’exposition française représentée par des « français d’adoption » a été très important. Les artistes locaux sont venus en nombre et revenus, d’ailleurs…

Comme fut l’accueil du public et de la presse pour votre exposition au Bahrein ?

Magnifique. Il y a eu plusieurs articles sur l’exposition et beaucoup de photos dans la presse (c’est une spécialité bairini, les journaux publient toujours les articles « illustrés »). J’ai rencontré beaucoup de monde, j’entretiens actuellement une correspondance avec plusieurs artistes bairini très intéressants… Donc, un voyage enrichissant et très positif.

Quels sont les autres projets de tournées et qui représentera le collectif ?

Nous avons une grande liste de pays qui souhaitent nous accueillir. Pour le moment, Vladimir Kara nous représente en Ukraine, Dnepropetrovsk, le voyage à Mexique va suivre…

Propos recueillis par Florence Castel-Lescure (avril 2009)