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INTERVIEW – SAR la Princesse Zatashah de Selangor, présidente Alliance française de Kuala Lumpur, Malaisie

Dans le cadre de la Journée internationale des Femmes 2016, nous avons demandé à des femmes issues des 5 continents au sein des Alliances françaises d’évoquer leurs parcours professionnels et leur ressenti en tant que femmes par rapport à leurs fonctions.

 

INTERVIEW

SAR la Princesse Zatashah de Selangor 

présidente AF de Kuala Lumpur, Malaisie

 

  1. Vous êtes présidente de l’AF de Kuala Lumpur, pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?

J’ai tout d’abord travaillé comme journaliste dans le quotidien de Malaisie News Straights Times avant de m’installer à Paris pour passer une maîtrise en Relations Internationales et Diplomatie. Par la suite, j’ai rejoint le groupe L’Oréal en tant que Manager International Corporate Communication.

Apres 5 ans passés en France, j’ai estimé qu’il était temps de rentrer en Malaisie. J’exerce à présent les fonctions de Présidente et Directrice Générale de Light Cibles Malaisie, un cabinet d’architecture français spécialisé dans la conception et la réalisation lumineuse. Je suis également conseillère principale de Bell Pottinger Malaisie, l’une des premières agences de communication du Royaume-Uni, Administratrice de Kim Teck Cheong Consolidated Berhad, société publique de distribution de produits de consommation ainsi que Marraine de la fondation Make-A-Wish Malaisie et du Selangor Symphony Orchestra.

 

  1. Qu’est-ce qui vous a amené à prendre les fonctions de présidente ce cette Alliance française et ce, depuis combien de temps ?

 Je suis entrée à l’Alliance française en 2000 comme membre afin de parfaire mon français pour mes études à Paris. A mon retour, j’en suis devenue Vice-Présidente puis Présidente depuis 2012. La France m’ayant donné beaucoup, il m’a semblé naturel de participer en retour à la promotion de l’Alliance et de partager ainsi ma passion avec mes concitoyens.

 

  1. Comment la langue et la culture françaises ont-elles influencé votre vie ?

 J’ai appris le français à l’âge de dix ans en Angleterre. Plus tard, j’ai passé une licence d’espagnol et de français à l’université de Londres, puis étudié la civilisation française et la littérature à la Sorbonne. Aujourd’hui je suis mariée avec un Français. Je suis passionnée par la France depuis mon plus jeune âge et celle-ci a considérablement influencé ma vie. C’est toujours un réel plaisir de se plonger dans la culture française et de pratiquer la langue.

 

  1. Des projets importants sont-ils prévus dans votre Alliance ?

 Disons que des projets importants sont en cours depuis 2013. L’Alliance française a été complètement rénovée. Des investissements importants ont été consacrés à la rénovation de notre centre principal, à la création d’une nouvelle médiathèque, d’un café et d’un véritable espace pour organiser des expositions. Nos efforts ont aussi porté sur l’équipement et les nouvelles technologies avec des tableaux interactifs dans chaque classe, des iPads empruntables à la médiathèque, un logiciel de gestion des cours, un nouveau site internet, des activités pédagogiques en ligne et « Culturethèque » dont la mise en place est en cours. La prochaine étape est la réhabilitation de notre annexe de Bangsar et l’obtention des licences nécessaires à la création d’un quatrième point d’enseignement.

Notre partenariat avec le Ministère de l’Education Malaisien est en plein essor puisque nous attendons près de 3000 candidats à la prochaine session du DELF scolaire en août 2016.

Enfin notre saison culturelle annuelle a pris de l’ampleur. Organisée en collaboration avec l’Ambassade de France en Malaisie, elle sera présentée en mai et juin 2016 avec un nombre croissant d’acteurs et de partenaires sous le nouveau nom de « Le French Festival ».

 

  1. Dans votre carrière, avez-vous parfois considéré votre féminité comme un obstacle ?

 Jamais. Je me considère avant tout entrepreneuse. La différence des sexes est créée par le monde du travail et la société. Il est temps de prendre en compte la contribution des femmes dans cette société. Je considère ma féminité comme un atout et non un handicap. Par exemple, il me semble que nous sommes plus diplomates que les hommes et plus aptes à gérer plusieurs dossiers en même temps. En Malaisie, j’ai été sélectionnée pour participer au programme des femmes administrateurs, afin de pouvoir siéger aux conseils d’administration des sociétés publiques. Il est intéressant de noter que ce programme n’existe pas pour les hommes. Je me félicite que la Malaisie ait fixé un objectif de 30% de femmes dans les conseils d’administration. La route est encore longue car nous sommes toujours une minorité autour de la table.

 

  1. Que pensez-vous de cette journée internationale des femmes ?

 La Journée internationale des femmes est importante afin de montrer les progrès réalisés. Mais je souhaiterais que des objectifs plus concrets soient atteints. Je trouve qu’à l’échelle mondiale les progrès de la condition des femmes sont trop lents. Nous pouvons et devons faire beaucoup plus.

  1. Menez-vous des actions à l’Alliance française de Kuala Lumpur pour cette journée en particulier, si oui lesquelles ?

 Nous célébrons la journée de la femme chaque année avec des événements de plus ou moins grande envergure. Le 8 mars prochain, dans le cadre de notre Cinem’Alliance, nous projetterons le film Les Gazelles de Mona Achache, l’histoire d’une trentenaire qui après avoir quitté son petit ami envisage sérieusement de rester célibataire. J’ai également souhaité une parité homme-femme au sein du conseil d’administration de l’Alliance française. C’est quasiment chose faite avec quatre femmes et cinq hommes.

  1. L’Alliance française en Malaisie, joue-t-elle un rôle pour l’autonomisation des femmes ?

 L’Alliance française n’affiche pas spécifiquement ce rôle comme l’une de ses missions mais je pense qu’elle contribue quotidiennement dans sa pratique à promouvoir et encourager l’autonomie des femmes. On peut déjà souligner que 70 % des étudiants mais également des employés de l’Alliance française sont des femmes. A nouveau, la programmation culturelle de l’Alliance ainsi que sa contribution au débat d’idées mettent en avant une image dynamique et positive de la femme. En octobre 2015, l’Alliance française a présenté TOTEM, une magnifique exposition de la photographe franco-belge d’origine Malaisienne, Diana Lui. Il s’agissait d’une série de portraits de femmes malaisiennes. TOTEM posait la question de savoir comment ces femmes modernes issues de divers territoires, groupes ethniques et milieux sociaux de la Malaisie portaient en elles l’héritage culturel lié à leurs origines et le transmettaient. L’exposition s’est terminée par une grande soirée et une table ronde en présence de Diana Lui et de quelques-uns de ses modèles. Certaines étaient des artistes, l’une était danseuse, l’autre écrivaine, toutes ont apporté un très beau témoignage sur l’identité de la femme malaisienne.

J’ai également envie d’ajouter qu’en mai prochain, L’Alliance française présentera Autarcie (….) de la Compagnie Par Terre au Kuala Lumpur Performing Art Centre. La chorégraphe Anne NGUYEN et quatre danseuses hip hop incarneront l’autonomie de la femme à l’occasion de ce spectacle qui sera un des temps forts du French Festival.

 

  1. Quelles sont les femmes qui vous inspirent le plus ?

Je citerais la Reine Rania de Jordanie et Angelina Jolie, pour leurs engagements humanitaires exemplaires.

 

Propos recueillis par Florence Castel, Communication, Fondation AF